qu'est ce que la dependance affective

Qu’est-ce que la dépendance affective ?

La dépendance affective trouve sa source dans un manque d’amour, de sécurité, de reconnaissance, d’encouragement et d’accompagnement à l’autonomie et à la maturité affective, durant l’enfance ou l’avant-puberté : au moment même où l’enfant a besoin de se sentir important pour ses parents, mis en sécurité et conforté dans une confiance affective et encouragé dans ses expériences et son cheminement. Si l’absence et le vide s’installent à ce moment de la vie, c’est alors laisser la place au doute et à la culpabilité. La conviction de ne pas être suffisamment bien ni pour être aimé, et pas suffisamment capable et intelligent pour réussir. Cet état devient une vérité, SA vérité, et peu importent les preuves du contraire qui se présenteront, le dépendant affectif ne sera jamais convaincu de sa valeur… sauf à reconsidérer le tout.

L’origine

Dans le prolongement de cette enfance laissée pour compte sans attention, sentiment et accompagnement, c’est de l’adolescence à l’âge adulte que tout le système continue à s’ancrer pour renforcer la conviction de ne pas être à la hauteur, pas suffisamment bien, en tout cas moins bien que les autres, pas efficace, pas aimable, peu considérable… bref, une personne pour qui il est normal de porter peu d’importance, car vraiment trop peu intéressante.

une Absence d’estime de soi

Si le dépendant affectif parvient à réaliser qu’il lui manque de la confiance en soi, dès lors qu’il est question d’évoquer avec lui les notions d’estime et d’amour de soi et de prendre conscience de sa valeur, son regard se pose dans le vide, comme si le néant était ici l’unique explication à ce concept qui ne veut rien dire pour lui, qui n’est ni palpable, ni expérimenté. A l’idée d’amour de soi, il ne ressent rien.

Accro aux histoires sentimentales

Un dépendant affectif peut tomber amoureux, déclarer sa flamme et être bouleversé par « l’amour de sa vie » tous les deux matins devant la première personne qui se présente et surtout qui s’intéresse à elle. Il pense à chaque fois n’avoir jamais aimé ainsi. Il sublime et fantasme la relation idéale en occultant les signes, les faits et ressentis qui lui indiquent que la relation n’est pas viable. Lorsqu’il se sent écouté et que l’autre porte un intérêt, le reconnaît, le complimente, lui accorde de son temps, le dépendant affectif vit alors dans la certitude mais qui pourtant est une illusion, que seul en la présence de cette personne là, il pourra se sentir en sécurité, aimé, rassuré et se sentir vivre.

L’angoisse principale : perdre l’autre

Dès lors la relation installée, le dépendant affectif créée une nouvelle source d’angoisse : « Et si jamais je perdais cette personne si précieuse pour moi ? ». C’est là que le dépendant affectif se nourrit du besoin de contrôler, maitriser et influencer. Il use de stratégies, stratagèmes et manipulations pour se rassurer que tout est en ordre et sous contrôle, que rien ni personne ne viendra mettre en danger sa relation privilégiée et vitale pour lui. A l’idée de perdre ce qu’apporte cette relation, il est pris de panique à cette tragédie.

Un fort sentiment d’infériorité

Pris dans le tourment de la peur de l’abandon, le dépendant affectif est connecté avec son sentiment d’infériorité, de laissé pour compte, d’isolement, de vide. Il se sent rabaissé, minable, moins que rien, incapable, rejeté, tellement pris dans une appréciation négative de lui-même qu’il peut nourrir des idées très noires. A quoi bon, de toute façon puisqu’il n’est rien, n’a aucune valeur et que personne ne le regrettera. Il ne se rend pas compte que sa perception n’est pas la réalité. Il n’a aucune idée de sa valeur puisqu’enfant il n’a pas été accompagné à apprécier ses points forts et ses talents. Seuls les erreurs, les manques, les échecs, les défauts, les blâmes ont été mis en avant.

S’attacher à une personne rassurante

Dans sa vie d’adulte, dans la vie personnelle, amicale, familiale ou professionnelle, le dépendant affectif pense n’avoir d’autre recours que de s’attacher à une personne ou un groupe de personnes qui inconsciemment pourraient symboliser le ou les parents aimants, rassurants, encourageants qu’il n’a pas eu. Il est convaincu que la réponse à ses besoins ne peut venir que de l’extérieur. Rester proche de son pilier est donc indispensable. Tous les stratagèmes sont bons : tout faire pour être apprécié en montrant à l’autre que je suis gentil, serviable, sérieux et investi.

Des pensées obsessionnelles

Hanté par sa peur de l’abandon, les pensées du dépendant affectif tournent en boucle de façon obsessionnelle. Ces pensées tournent autour de l’autre : ou est-il ? avec qui ? et que fait-il ? pense-t-il à moi ? Suis-je à la hauteur pour lui ? etc. Des pensées qui tournent souvent en peurs et possibles risques de perdre l’autre. Le dépendant affectif se fait souvent des films imaginaires et en souffre énormément. Il est capable de se mettre dans des états de panique et de transe uniquement par ses perceptions erronées et ses peurs fantasmées.

Paniqué par le vide

La seule issue pour supporter ses angoisses face à l’abandon et la trahison, est de partager. C’est alors qu’il papillonne au sein de son réseau pour raconter sa vie, demander conseil, être écouté, etc. Il vient surtout chercher à être rassuré. Il est sckotché à son téléphone à adresser sms, à laisser des messages, et panique dès lors qu’aucune réponse n’arrive. Même au travail, il peut alors quitter l’entreprise en pleine journée prétextant un mal-être, une souffrance qu’il faut surtout interpréter comme un besoin incontrôlable de fuir pour aller vérifier dehors soit pour se rassurer, soit pour agir.

Des comportements infantiles et excessifs

Le dépendant affectif en fait toujours plus (surinvestissement volontaire), même si personne ne demande rien. Il devance les besoins de celui ou ceux vers qui il a posé ses attentes de sécurité et de reconnaissance, sur qui il a posé son addiction, sa dépendance. Il est prêt à tout pour… pourvu qu’il soit apprécié, considéré, remarqué, aimé et sécurisé. Il panique au moindre silence. Il imagine tout de suite le pire. Il peut par excès de sensibilité, pleurer à la moindre remarque ou contrariété, ou se mettre en colère en se victimisant. Il est impulsif en réaction d’un refus, d’une opposition car c’est pour lui personnellement qu’il prend la réponse. Il a des tendances au sentiment de persécution. Il se sent souvent accusé, visé. Il est soit vite découragé, soit à l’inverse, en fait trop. Il observe beaucoup, surveille, contrôle pour se rassurer.

Un sentiment d’injustice, de culpabilité et de honte

Le dépendant affectif a l’impression de faire beaucoup pour l’autre et de se sacrifier sans recevoir en retour ce qu’il attend à sa juste valeur. Lorsqu’il se pose en sauveteur ou fait quelque chose pour quelqu’un, ça n’est jamais gratuit dans le sens où consciemment ou inconsciemment il est en attente. Et si rien ne vient naturellement en retour, cela l’anéantit. Il se montre très déçu quand tout son investissement n’est pas remarqué. Et pire encore si une réflexion ou proposition d’amélioration est dite, il la refuse, se défendant de tout ce qu’il a fait à côté et qui est bien à ses yeux. Il affiche régulièrement une émotion de mélancolie, de tristesse associée ou pas à des pleurs. Il craque s’il est mis mal à l’aise ou visé par un propos ou des regards. Il ressent en permanence de la colère et de la frustration, qu’il n’exprime que très peu… jusqu’au jour où il craque et se victimise. Il ressent de la culpabilité ; Il se sent coupable de tout. Il ressent la honte d’être comme il est, de ne pas être comme il aimerait être ou comme les autres voudraient qu’il soit. Son système est si compliqué qu’il a tendance à vouloir s’isoler ou se laisse facilement isolé par des personnes malveillantes et manipulatrices. Il a la conviction que tout le monde profite de lui et abuse de sa gentillesse.

Pour être aimé et sécurisé il fera n’importe quoi

Le dépendant affectif étouffe, harcèle, devient collant, réclame, quémande, et surtout vient chercher à être rassuré. Il panique à l’idée d’une discussion houleuse, fuit le conflit, et par dessus tout ne supporte ni l’indifférence, ni même un moment de repli pour avoir du calme. Tout cela lui rappelle trop l’abandon et la terreur du vide et de la solitude. Etre laissé de côté, seul, ignoré, c’est un peu comme mourir. C’est pour cela qu’il se donnera encore plus à fond pour satisfaire les demandes qui lui sont faites, il se pliera en quatre pour trouver les solutions avant même que les besoins ne soient identifiés, il donnera de lui-même à se sacrifier, pourvu que l’on reste à ses côtés et que tout redevienne calme et normal.

Il s’oublie et flirte avec le danger

A force de vouloir satisfaire les autres, le dépendant affectif oublie ses propres besoins et désirs. Il attire trop facilement à lui, les persécuteurs et les manipulateurs destructeurs. De ceux qu’il pense être mieux et plus fort que lui, il acceptera tout pour faire partie du clan jusqu’à finir par leur donner l’autorisation de lui manquer de respect et de le persécuter. Il devient complice de son propre malheur car il ne sait pas poser de limite… et s’affirmer.

Il accepte l’inacceptable

Le conflit lui fait trop peur. Pour le dépendant affectif, une explication un peu trop franche est synonyme de guerre déclenchée, de catastrophe, d’abandon. Sans le chercher vraiment, mais en occultant ses besoins, en voulant à tout prix fuir ses peurs, il finit par tomber sous l’emprise psychologique des autres autorisant des va et vient dans la relation, et ainsi permettant la violence de s’installer de plus en plus ardemment. Il s’enferme de plus en plus dans son monde, même les jours où il prend conscience qu’il aurait besoin d’une aide extérieure, il ne sait plus revenir vers l’extérieur, tant il est assailli par la honte, par l’inavouable. Qui comprendrait ? Qui voudrait le croire, lui ? Sans compter que souvent, le dépendant affectif reste persuadé que s’il vous tout cela, c’est de sa faute, coupable de n’être pas suffisamment à la hauteur. Sa culpabilité devient toxique. Et les années passent…

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes et qu’à leur simple lecture, les émotions vous prennent, faites vous aider !

©Geneviève Krebs, psychopraticienne en thérapies brèves, spécialiste reconnue depuis 25 ans dans l’accompagnement pour sortir de la dépendance affective et des blessures d’abandon, de rejet et d’humiliation. Auteure de 14 livres dont le bestseller “Dépendance affective : six étapes pour se prendre en mains et agir” paru chez Eyrolles.

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