dépendance affective 3 schémas comportementaux

Dépendance affective : 3 schémas comportementaux

Dépendance affective 3 schémas comportementaux.
Au travail, dans la vie personnelle ou sociale, le dépendant affectif est une personne qui se sent en perpétuelle insécurité. Son parcours fait qu’il n’a pas confiance en lui. Il ne parvient pas à admettre qu’il puisse avoir l’once d’une compétence et encore moins de la valeur. La solution à ses besoins vient alors forcément des autres puisque lui s’est imaginé être définitivement incapable, pas à la hauteur, et comparaison faite, pas appréciable.

Comme tout être humain, il a besoin de reconnaissance, de considération et d’attention, mis à part que cette quête est sa préoccupation de tous les instants. Ses peurs sont immenses, jusqu’à le pousser vers l’angoisse et l’attaque de panique. L’abandon, le rejet, l’échec, le regard des autres, la honte, sont les principales peurs au milieu d’autres, nombreuses, qu’il entretient. Ce sont elles qui sont aux manettes de ses pensées et comportements.

J’ai identifié au cours des vingt années d’accompagnement de personnes atteintes de ce trouble, dans la vie personnelle ou professionnelle, trois principaux types de comportements régis par la dépendance affective :

Celui qui fuit

Il ne sait pas se positionner. L’affirmation lui fait peur car c’est un risque immense : celui de se tromper, de déplaire et donc d’être jugé, et donc de perdre l’approbation des autres, voire pire, la considération de la personne ou du groupe sur qui il a posé sa dépendance. A partir de là, des actes comme choisir, décider, gérer, manager, oser, expérimenter, se positionner, affirmer, sont des verbes d’actions pour lesquels il ne saura oeuvrer. Le dépendant affectif qui a choisi comme stratégie de fuir, préfère largement rester dans le “je subis” ou “je reste passif”, plutôt que d’oser “agir”. Les risques et les conséquences sont pour lui, terrifiants. Il justifiera son besoin de fuir ou de bloquer une situation en pointant du doigt les autres, les circonstances. La responsabilité n’étant jamais de son fait.

Celui qui se surinvestit

Il a besoin de prouver et d’en faire largement plus que tout le monde pour dompter sa peur de ne pas être à la hauteur et répondre à son besoin d’être le préféré. Pourquoi ? Tout simplement pour exister et ainsi se sentir en sécurité affective : forcément en faisant beaucoup, en donnant immensément et régulièrement, on le lui rendra bien. Il pense qu’en guise de récompense, il sera apprécié et donc jamais abandonné. Cette stratégie comportementale installe de fait que “le dépendant affectif ne fait rien gratuitement”, dans le sens où, “dans tous les cas il attend un retour”. Toute action est conditionnée d’un espoir de reconnaissance. Et lorsque cela n’arrive pas de ceux pour qui il a tant fait et donné, il se positionne en victime avant de persécuter son entourage par une communication malsaine, blessante, culpabilisante. Il accuse et blâme. Il pleure et se plaint d’être si incompris et malaimé.

Celui qui contrôle, manipule

Sa peur de l’abandon est si terrifiante et son besoin d’être rassuré si démesuré, que le dépendant affectif est convaincu que la meilleure façon d’échapper à tous les risques reste de contrôler et d’avoir le pouvoir sur les “choses”. Pour éviter certaines situations à risques, il va orchestrer pour empêcher. Pour obtenir et sécuriser, il va contrôler, mentir, omettre, … jusqu’à ressentir un mal-être puissant de culpabilité… Mais il n’y peut rien, “c’est plus fort que moi”, est souvent la pensée qui l’accompagne pour échapper à ses angoisses. La manipulation chez le dépendant affectif, contrairement au pervers destructeur, n’est pas un moyen pour détruire l’autre, mais bien par instinct de survie, pour échapper à la panique du moment.

Tantôt la personne va se fondre dans l’un des schéma comportement, tantôt dans l’autre. Tel un caméléon, elle adoptera la façon d’être et de faire en fonction de la situation et du moment à vivre, non pas pour faire du mal, mais pour gérer ses plus grandes peurs qui l’angoissent.

Comprendre, se reconnaitre, admettre, et au besoin, pleurer sur soi pour se donner le courage de se faire aider afin d’expérimenter d’autres façons de faire, est le chemin pour gagner en autonomie et sécurité affective. On ne devient pas dépendant affectif par hasard… Il y a toute une histoire sur son parcours qui a renforcé ce trouble dont tout le monde est plus ou moins atteint, à des degrés différents. Lorsque la douleur et la souffrance ont gagné le pas, il est temps de se prendre en main et agir.

© Geneviève Krebs, psychopraticien et coach depuis + de 20 ans, spécialiste de l’accompagnement du trouble de la dépendance affective dans le monde du travail et dans la vie personnelle. Auteur de : “Dépendance affective : six étapes pour se prendre en main et agir” et “La dépendance affective au travail“, parus chez Eyrolles.

Suggestion de lectures :

  • le livre bleu : pour comprendre, se situer face au trouble et savoir par où commencer un travail individuel. La deuxième partie de l’ouvrage offre un accompagnement précis et structuré.
  • le livre rouge : imagé d’histoires vécues, ce livre permet de comprendre l’impact de la dépendance affective dans le monde du travail, les risques pour la relation et la performance. Il propose en deuxième partie 20 fiches d’accompagnement.

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