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Combler ce vide en nous

“”Combler ce vide en nous” est un livre fait de récits véridiques partagés ici,  parce que, quoi de mieux qu’une histoire pour comprendre et se situer face à un sujet qui nous touche de près ?
Il est disponible en librairie depuis le 7 novembre 2019.
Comme pour chacune de mes parutions, une dizaine de fiches d’accompagnement et d’auto-coaching complète cet ouvrage afin que vous, lecteurs puissiez si vous en éprouvez le besoin, cheminer sur votre histoire et votre développement personnel.”
Geneviève Krebs
genevieve krebs

Combler ce vide en nous
Se défaire de tout ce qui nous empêche d’être heureux
De Geneviève Krebs
A paraître chez Eyrolles le 7 novembre 2019

Dans ce nouveau livre, Geneviève Krebs, au travers d’histoires réelles et émouvantes, fait prendre conscience des schémas bloquants et propose dix axes concrets, pour reprendre sa vie en mains, gagner en autonomie et confiance, et s’épanouir.

Ce vide en nous, ce vide en soi, quand il fait souffrir, est la résultante d’une histoire d’abandon qui lorsque nous étions dans la petite enfance nous a fait plonger dans une peur effrayante d’avoir perdu la seule personne qui soit capable de répondre à nos besoins vitaux (se sentir en sécurité, manger, boire, être aimé, etc.) et notre maintien en sécurité affective.

Celui qui a été victime de l’abandon ou du rejet est prisonnier de ses peurs tout au long de son parcours, en tous les cas jusqu’au moment où il décide d’en sortir soit par lui-même ou en se faisant aider. Peurs qui le conduisent à deux types de comportements :

  • Soit l’évitement, la mésentente, la séparation, la rupture, l’isolement, la fuite, … et donc surtout pas l’engagement qui lui fait courir le trop grand risque de souffrir à nouveau d’abandon, de rejet ou de trahison.
  • Soit tout à l’inverse, la dépendance affective, croyant ardemment que la réponse à ses besoins et son bien-être sont entre le pouvoir et le bon vouloir de l’autre.

Cet état chronique de peur d’être abandonné à nouveau, développe en soi une hyper-vigilance et une quête effrénée de survie, ce qui ne laisse guère de place pour écouter ses émotions, seules voix de notre enfant intérieur pour exprimer ses besoins et manques.

Anéantie par un rien, image de soi très négative, l’abandonnique n’imagine pas un seul instant pouvoir avoir de la valeur qui lui permette d’avoir un but, des projets en cohérence avec qui il est. D’ailleurs, qui est-il ? Il ne le sait pas. Sa seule perception revient à lui rappeler sans cesse sa blessure d’abandon et de rejet, et le vide immense en lui qu’ils procurent.

Un extrait de l'ouvrage 

“La fête des mères était un jour que je redoutais par-dessus tout. Surtout depuis ce dimanche matin là où le vide pesait particulièrement dans la maison, tant maman se faisait toute petite, à peine en joie de nos colliers de nouilles et nos poèmes récités. L’orgue de papa ne retentissait pas dans la maison comme à chaque fois pourtant qu’il s’apprêtait à préparer ses affaires pour aller magnifier les offices dominicaux. Non, à la place, c’était un calme anormal et oppressant qui flottait dans ce jour qui devait être joyeux pour n’importe quel enfant du monde, un jour où maman devait être mise à l’honneur : j’avais tant travaillé à l’école à bricoler et apprendre par cœur ce poème. Je me sentais fière et impatiente. Je m’étais réjouie à l’avance du visage étonné, ému et souriant qu’elle offrirait à chacune des attentions qu’elle recevrait ce dimanche. Si triste d’avoir à retenir mon impatience joyeuse par ses « Chutt pas si fort ! Ne fais pas de bruit », que je m’en allais le cœur gros, me réfugier dans le jardin fleuri. Les hautes tiges des pivoines et marguerites seraient bien assez solides et droites pour accueillir mon besoin de me cacher, et pleurer ma déception, mon incompréhension et ce sentiment de rejet. À sept ans, je ne comprenais pas toute l’arrière-cour des « chuuuuuttt ! » et des bisous retenus.

Juste à côté des massifs de pivoines, là où trônent les anciens rosiers qui diffusent un doux parfum de savon et qui longent le chemin que j’emprunte encore aujourd’hui – même si mon nez est bien trop haut maintenant pour risquer la rencontre d’une abeille qui butine –, mon élan des sens est stoppé comme un choc mêlé de peur et de tristesse : c’est mon père, mon papa, mon héros, qui est là, assis, les genoux repliés, servant d’appui à ses coudes, visage totalement enfoui dans ses mains !

Même à sept ans, je n’ai pas mis longtemps à m’apercevoir qu’il pleurait à chaudes larmes. J’étais désemparée, paniquée… Une sensation de fin du monde se jouait et je restais là, figée, entre l’envie de le consoler et la peur de l’avoir surpris. Que faire pour stopper la scène insupportable ? Mon papa sur qui je pouvais reposer tous mes besoins de sécurité, lui qui me rassurait, lui qui était fort en toutes circonstances, lui qui savait toujours comment réagir… le voir sous l’emprise de cet immense chagrin me terrifiait et m’anéantissait. Il avait beau se cacher pour pleurer et se vider des mots et des maux qu’il ne savait pas exprimer directement, j’ai appris de fêtes des mères en Noëls que ces périodes allaient être délicates, et qu’en rien il ne fallait s’offusquer d’un haussement de ton, d’une perte de patience ou d’un jeu douloureux d’indifférence ; il avait trop mal pour supporter de bien vivre son quotidien.

La blessure était béante tout comme elle l’était encore sur ses vieux jours. Je voulais savoir ; j’avais besoin de comprendre. L’histoire, je l’ai découverte bien plus tard, quand au moment d’explorer mon arbre généalogique, c’est à un moignon de branche qu’il m’a fallu faire face, tout un pan inconnu de la mémoire qui pourtant coule dans mes veines. À sept ans, j’ai dû me contenter des quelques explications de maman, qui sans contexte, me livre cette vérité : « Papa n’a pas de maman et ne sait pas qui est son papa. Il a été abandonné. »

Information qui tombe comme un fait divers alors même qu’en moi tout s’écroulait : il était donc possible de ne pas avoir de maman, ou de risquer de la perdre avec tout l’amour qui l’accompagne, et d’être privé d’un père, et donc du sentiment de sécurité et d’admiration qu’il représente ?!!! On me donnait là le scénario d’un film d’horreur, même les oiseaux de Hitchcock que je regardais à vingt ans courageusement entre mes doigts légèrement écartés, avait un goût de « pipi de chat » à côté de ce risque dont je prenais conscience.

Dès lors, j’ai eu peur de dormir loin de ma sœur, j’ai été ballottée entre l’envie de partir en vacances chez mes cousins et cousines, et l’angoisse une fois la nuit tombée de me rendre compte que maman et papa étaient loin et que peut-être il pouvait leur arriver malheur, en tout cas que je risquais de ne plus les voir. Dès lors, les jeux dans la cour de récréation prenaient un tout autre intérêt, celui d’observer ma maman dans notre jardin voisin de mon école primaire. Juste pouvoir en la voyant, lui lancer un « coucou maman » me remplissait de joie, mais surtout de réconfort, au moins pour me rassasier jusqu’à onze heures trente, période où je pouvais courir au plus vite à la maison pour la retrouver. Le malheur de papa devenait ma plus grande peur d’enfant : l’abandon, le vide, la solitude.” 

© Geneviève Krebs, extrait du livre “Combler ce vide en nous” Eyrolles

A qui s'adresse ce livre

A mon père, qui s’est tout imaginé, pourvu qu’un sens soit posé sur ce vide, sur cette absence de liberté d’être qu’il a ressenti toute sa vie durant, et pour laquelle il a tant combattu, avant de comprendre qu’elle était en lui… à disposition.

A vous, belles personnes venues à moi et que j’ai re-prénommées dans ce livre, en respect de vos histoires, en mémoire de vos douleurs et souffrances, de vos incompréhensions et schémas induits.

 A vous, qui avez ressenti l’abandon, qui l’avez vécu.

 A vous, qui avez pensé devoir abandonner.

 A vous, qui pensant bien faire, avez suscité ou influencé l’abandon.

 A vous qui avez été obligé de le faire.

 A vous, accusé à tort de l’avoir fait.

 A vous, qui ne vous sentez que bien dans l’évitement, le retrait, l’isolement

 et le schéma de fuite, pensant vous protéger d’une nouvelle souffrance.

 A vous, dépendants affectifs qui pensez que la réponse à vos besoins essentiels se trouve entre le pouvoir et les mains de l’autre.

 A nous tous, qui parfois nous abandonnons nous-mêmes, sans le vouloir, sans même nous en apercevoir…

Caractéristiques de l'ouvrage

Titre : Combler ce vide en nous
Sous-titre : Se défaire de tout ce qui nous empêche d’être heureux
Editeur : Eyrolles
Date de parution : 7 novembre 2019
ISBN : 2212571917
18 €

Qui est l'auteur : Geneviève Krebs

Genevieve Krebs

Geneviève Krebs pratique le coaching et la thérapie brève depuis plus de vingt ans auprès des particuliers et des entreprises.
Son expertise se situe au niveau de l’étude des structures émotionnelles permettant de mieux comprendre les comportements et leur impact sur les actions au quotidien. Elle accompagne les individus et entreprises à la prise de conscience et au déverrouillage de leurs systèmes de blocage, et les aide à installer le changement et la réussite.
Elle est reconnue pour son travail d’accompagnement des personnes prises dans le trouble de la dépendance affective et dont les conséquences sont douloureuses dans tous les domaines de leur vie : sentimental, professionnel, amical et familial. Deux livres ont été édités par les éditions Eyrolles mettant en avant son approche :

Ses recherches et expériences ont fait l’objet d’une douzaine d’ouvrages parus aux éditions Eyrolles, Afnor et Chronique Sociale. Deux ont été primés en 2003 et 2004 à Paris. Elle est aussi à l’origine de La Chaîne du Bien-Être qui diffuse vidéos, podcasts et articles de sensibilisation dans le domaine du développement personnel, des risques psychosociaux et de la qualité de vie au travail. Elle anime tous les ans plusieurs ateliers à résidence pour travailler sur « le sentiment d’abandon et la dépendance affective ».

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