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Le besoin d’excellence & de perfection

Celui qui a besoin de contrôler est vu comme un perfectionniste dans le monde de l’entreprise. Rien n’est jamais assez bien ou suffisamment prêt et terminé pour pouvoir rendre un dossier. Rien n’est jamais comme il le faudrait quand une mission est déléguée. Personne n’est capable de mener à bien un projet aussi bien que lui pourrait le faire. Car au moins avec lui, rien n’est laissé au hasard, tout est sous contrôle, sans mauvaise surprise, bouclé comme il se doit !

Le besoin d’excellence, d’être mieux, de se comparer, d’être plus… performant, mais surtout plus apprécié.

Tous les risques et obstacles éventuels sont imaginés en amont pour limiter au maximum les désillusions, les souffrances, les échecs, les attaques. Rien de mieux pour s’assurer de réussir. De toutes les façons, il n’y a pas d’alternatives possibles. Il faut réussir. Mais même réussir, souvent, ne suffit pas !

Aucun succès ne semble le satisfaire… du moins pas plus d’une fraction de seconde. Ce collaborateur pense et rêve performance, excellente et première place. C’est une obsession ! Son désir de se différencier et d’être le meilleur le mène bien sûr à vouloir progresser et se surpasser en permanence, ce qui est plutôt flatteur pour une entreprise, mais gare, s’il n’y parvient pas ou s’il est vexé dans son amour-propre : la honte lui fait donner la rage !

Être le préféré ; être exemplaire ; être l’unique ; être à l’heure ; être, être, être… sinon aucun intérêt ! Mais quelle place y a-t-il dans cela juste pour être soi, et être apprécié et aimé juste parce qu’on est ?

C’est un combat sans fin que le dépendant affectif mène sans jamais trouver satisfaction. C’est tout un travail personnel à mener pour renverser la situation.

Pour faire référence au système familial et éducatif, la culpabilisation est le moyen quotidien pour faire avancer l’enfant dans la direction souhaitée, en le brimant, en le rabaissant, en le blâmant. Il s’agit de violences psychologiques qui provoquent de graves traumatismes et mènent la personne une fois adulte, à un surmenage toute la vie durant. Le perfectionniste n’éprouve jamais de satisfaction. Il n’a jamais été ni félicité, ni reconnu, ni rassuré, ni encouragé. Jamais personne ne s’est posé un seul instant pour lui consacrer un moment spécial, juste pour dire : « Bravo ! Je suis fier de toi ! »

Le schéma de l’amour parental est inscrit toute la vie durant, de façon inconsciente. Le but d’un enfant est d’être aimé de ses parents, voire préféré s’il a des frères et sœurs. C’est un combat naturel et normal. Aux parents ensuite, de le rassurer, de vivre l’amour inconditionnel, de l’aider à avancer dans la confiance et la sérénité, et même de se sentir heureux et tranquille d’avoir à partager l’amour de ses parents avec un frère ou une sœur. Le rôle parental est essentiel dans l’équilibre de l’enfant. Tout se joue à ces âges, car ensuite tout se transfère dans le monde adulte, jusqu’au jour où on fait des liens avec l’origine et la conséquence, et que l’on décide pour soi qu’il en soit autrement.

Extrait de “La dépendance affective au travail” de Geneviève Krebs, paru chez Eyrolles.

Pour aller plus loin, 2 suggestions de lecture :

  • le livre bleu : pour comprendre, se situer face au trouble et savoir par où commencer un travail individuel. La deuxième partie de l’ouvrage offre un accompagnement précis et structuré.
  • le livre rouge : imagé d’histoires vécues, ce livre permet de comprendre l’impact de la dépendance affective dans le monde du travail, les risques pour la relation et la performance. Il propose en deuxième partie 20 fiches d’accompagnement.

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