mal-etre du dependant affectif

Le mal-etre du dépendant affectif

A force de vouloir satisfaire les désirs et besoins des autres, le dépendant affectif oublie ses propres besoins et rêves et petit à petit tombe dans un réel mal-etre. Il attire trop facilement à lui, les persécuteurs et les manipulateurs destructeurs, à moins que ça ne soit d’autres victimes avec qui il se plaindra durant un temps juste suffisant pour avoir le sentiment d’être écouté, et très vite aura besoin de rejeter l’autre qui finalement ne peut rien lui apporter, et encore moins le sécuriser. Il se lasse vite des personnes et des situations.

Il se renie lui-même

De ceux qu’il pense être mieux et plus fort que lui, il acceptera tout pour faire partie du clan jusqu’à finir par leur donner l’autorisation de lui manquer de respect et de le persécuter. Il devient complice de son propre malheur car de toutes les façons ne sait pas s’affirmer. Le conflit lui fait trop peur. Pour le dépendant affectif, une explication un peu trop franche, un regard qu’il pense louche, est synonyme de guerre déclenchée, de catastrophe, d’abandon.

Sans le chercher vraiment, en se reniant lui-même, en occultant ses besoins, en voulant à tout prix fuir ses peurs, il finit par tomber sous l’emprise psychologique des autres autorisant des va et vient dans la relation, et ainsi permettant la violence de s’installer de plus en plus ardemment.

Il se replie dans ses pensées obsessionnelles

Il s’enferme dans son monde, même les jours où il prend conscience qu’il aurait besoin d’une aide extérieure, il ne sait plus revenir vers l’extérieur, tant il est assailli par la honte, par l’inavouable. Qui comprendrait ? Qui voudrait le croire, lui ? Sans compter que souvent, le dépendant affectif reste persuadé que s’il vit tout cela, c’est de sa faute, coupable de n’être pas suffisamment à la hauteur. Sa culpabilité devient toxique. Et les années passent…

Sans cesse besoin d’être rassuré

Qu’il s’agisse de son bourreau ou simplement d’un collègue bienveillant ou de son partenaire de vie sur lequel il a posé sa dépendance, le dépendant affectif étouffe, harcèle, devient collant, réclame, quémande, et surtout vient chercher à être rassuré. Il panique à l’idée d’une discussion houleuse, fuit le conflit, et par dessus tout ne supporte ni l’indifférence, ni même un moment de repli pour avoir du calme. Tout cela lui rappelle trop l’abandon et la terreur du vide et de la solitude. Etre laissé de côté, seul, ignoré, c’est un peu comme mourir. C’est pour cela qu’il se donnera encore plus à fond pour satisfaire les demandes qui lui sont faites, il se pliera en quatre pour trouver les solutions avant même que les besoins ne soient identifiés, il donnera de lui-même à se sacrifier, pourvu que l’on reste à ses côtés et que tout redevienne calme et normal.

Il a si peur du changement

Le dépendant affectif devient envahissant dans sa façon de coller la personne ou du groupe dont il est dépendant , envahissant dans sa façon d’être intrusif et possessif. Il craint au moindre changement par peur que celui-ci l’éloigne ou l’isole. Il en fait des crises de jalousie, comme un enfant lorsqu’un troisième arrive dans le groupe d’amis. Il ne supporte pas de partager l’amitié et la relation quelle qu’elle soit, le risque est trop grand que l’autre finisse par s’éloigner et de se retrouver seul ; sa plus grande terreur. Pour cela, il contrôle, il maitrise, influence et manipule. Il a besoin de pouvoir tout contrôler, au cas où le danger pointerait le bout de son nez. Mais le risque reste encore trop important, alors mieux vaut l’éviter.

Il ne sait pas être autonome

Lorsque je cherche à comprendre ce que ressentent les personnes dépendantes affectives qui me consultent, et que mes questions servent à ce qu’elles expriment ce qu’elles vivent au moment où elles pensent avoir perdu « l’autre », voici par exemple ce que Virginie me répond : « C’est comme si le ciel me tombait sur la tête. Tout est plombé autour de moi. Je me sens anéantie, sans vie, sans espoir, perdue. Le même sentiment qu’à l’annonce d’une immense catastrophe dont les conséquences sont irrémédiables. Le rythme est ralenti en moi et tout va vite autour. Je ne dors plus. Je ne mange plus. Mes pensées deviennent obsessionnelles. Je pleure à peine les yeux ouverts, en marchant, en prenant ma douche, … tout le temps. Je me sens si perdue. Je ne sais pas être seule. Jamais personne ne m’a appris à savoir m’adapter et avancer par moi-même ». Je me rends compte que si Virginie avait pu ramper, s’agenouiller, supplier, se sacrifier pour que l’autre revienne, quitte à promettre l’impensable, à se renier, à renier ses valeurs, ses besoins, son entourage, etc. Elle l’aurait fait… si elle ne l’a pas déjà fait, me suis-je demandée sur le champ ! N’allez pas imaginer que ce comportement ne s’observe que dans la vie sentimentale où la passion destructrice anime et détruit les êtres. Je le constate aussi en entreprise. Le risque est de se faire abuser surtout dans une relation de subordination. La sensibilité, la vulnérabilité, et la fragilité sont alors manipulées et orchestrées pour arriver à des fins qui n’ont d’autres utilités que de se délecter de la descente aux enfers du dépendant affectif. Il s’agit là d’une relation perverse et destructrice.

Il souffre de trop d’attentes

Le dépendant affectif a l’impression de faire beaucoup pour l’autre et de se sacrifier sans recevoir en retour ce qu’il attend à sa juste valeur. Lorsqu’il se pose en sauveteur ou fait quelque chose pour quelqu’un, ça n’est jamais gratuit dans le sens où consciemment ou inconsciemment il est en attente. Et si rien ne vient naturellement en retour, cela l’anéantit. Il se montre très déçu quand tout son investissement n’est pas remarqué. Et pire encore si une réflexion ou proposition d’amélioration est dite, il la refuse, se défendant de tout ce qu’il a fait à côté et qui est bien à ses yeux. Il affiche régulièrement une émotion de mélancolie, de tristesse associée ou pas à des pleurs. Il craque en réunion s’il est mis mal à l’aise ou visé par un propos ou des regards. Il ressent en permanence de la colère et de la frustration, qu’il n’exprime que très peu… jusqu’au jour où il craque et se victimise. Il ressent la culpabilité, consciemment lié à un événement ou à des comportements, et inconsciemment car il se sent coupable de tout. Il ressent la honte d’être comme il est, de ne pas être comme il aimerait être ou comme les autres voudraient qu’il soit. Son système est si compliqué qu’il a tendance à vouloir s’isoler ou se laisse facilement isolé par des personnes malveillantes et manipulatrices. Il a la conviction que tout le monde profite de lui, abuse de sa gentillesse.

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes et qu’à leur simple lecture, les émotions vous prennent, faites vous aider, en tous les cas, prenez-vous en main et agissez !
©Geneviève Krebs, spécialiste de l’accompagnement du trouble de la dépendance affective et auteur du bestseller “Dépendance affective : six étapes pour se prendre en mains et agir“, “Dépendance affective au travail”, “Combler ce vide en nous”, “Et si tout me réussissait”, parus chez Eyrolles.