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Quand l’abandon provoque l’abandon : se défaire de l’autosabotage

L’abandon de soi (s’abandonner) c’est, dans la vie de couple, nier l’évidence de l’échec, de l’incompatibilité de moi avec l’autre ou l’autre avec moi. C’est accepter l’inacceptable comme la trahison, l’humiliation, l’indifférence, la violence, en allant au bout du bout de ses possibilités jusqu’à s’éteindre. C’est se nourrir d’un idéal, d’un rêve ou d’une illusion avançant pour une part de soi consciente, de l’aspect fantasmatique de ses désirs, et pour une autre partie de soi, se laisser entrer dans l’agression de la frustration.

S’illusionner : une forme d’abandon sans cesse renouvelée

S’illusionner est la forme d’abandon à mon sens, la plus réactivée sur le parcours. À ne pas comprendre la réalité de ce qui est en train d’être joué, à nier et à éviter d’admettre, c’est à chaque fois s’abandonner un peu plus et une nouvelle fois de plus, et remettre ses besoins entre les mains d’un autre. Le geste et la symbolique sont les mêmes que lorsque le parent abandonne l’enfant entre les mains d’une institution. S’abandonner soi-même, c’est remettre le pouvoir de sa vie (ses décisions, ses choix, ses pensées, ses valeurs, ses croyances, son estime, et surtout la réponse à ses besoins…) entre les mains des autres.

S’abandonner dans ses projets, c’est se limiter au minimum de ses capacités sans jamais se permettre de monter en compétences, de s’ouvrir à l’expérience, à l’apprentissage, au plaisir de réussir et à la compréhension de l’échec. C’est se priver du nouveau sens qu’il donne à l’apprentissage permanent.

Parler mal de soi, à voix haute ou à voix basse dans ses pensées (la deuxième étant encore plus sournoise), c’est se déprécier, s’insulter, se limiter, s’influencer pour être encore plus ancré dans les bas-fonds de l’indifférence, du ridiculisé et de la cause perdue.

Vouloir rejouer les mêmes scènes de vie, les mêmes schémas et résultats, c’est fermer à double tour la porte de sa prison et partir du principe que même celui qui a fait sa peine, n’aura pas droit un jour que la grande porte s’ouvre.

Il est temps d’être gentil avec soi

Il est temps d’être gentil avec soi, et de se donner la chance de renaître sous SA bonne étoile… celle qui est tout au fond de soi, en chacun de nous.

Oui, le risque le plus grave est de finir par s’abandonner soi-même, en donnant raison à l’histoire, en restant dans le « subir », en s’éloignant de l’envie de partir à la découverte du vrai « soi » et donc de comprendre « qui je suis » et pas simplement au niveau de ses origines et de son histoire, mais aussi de sa valeur, de ses valeurs, pour mettre en lumière et en harmonie, des buts de vie, des objectifs, un nouveau sens, et se sentir animé par des actions dans tous les domaines de sa vie.

À un moment donné, se reconnaître, s’accueillir soi-même à la vie, c’est aussi se dire que « ça suffit ! », maintenant « je veux », « j’ai envie », « je décide pour moi que… ». S’aimer suffisamment pour s’accorder une nouvelle chance.

Le changement peut faire peur, tout comme l’inconnu

Les doutes et les peurs sont des états qui ne se lèvent pas par enchantement. Lorsqu’ils sont installés, c’est en profondeur. Agir en surface supposerait de mettre un pansement provisoire sur la situation, et ne réglerait rien dans la durée. Lorsqu’il s’agit de travailler sur soi, c’est en profondeur que cela doit se faire, en comprenant comment les états de peurs et de doutes se sont installés, comment ils agissent et pourquoi, dans le but de lever la situation de façon durable. Vous lèverez ainsi certains obstacles sur votre avancée.

Que voulez-vous ? Le changement ou l’illusion ?

Si vous cherchez des moyens miracles pour vaincre la peur et le doute, et avoir confiance en vous en un éclair, alors dites-vous que vous faites fausse route. Les résultats ne seront que temporaires. La confiance en soi, n’est pas une finalité, c’est un cheminement qui prend sa source en chacun de nous, en conscience et dans l’inconscient, et en tous les cas pas à l’extérieur de soi. La transformation se fait toujours en modifiant l’intérieur de soi. On ne peut agir sur les autres. On peut en revanche influencer son environnement par un changement venant de soi.

Que voulez-vous ? Le confort ou la confiance en soi ?

On se demande souvent pourquoi certaines situations se répètent et, en même temps, comme elles réitèrent, nous perdons confiance en nous par les échecs qui s’entassent. Le confort, c’est cette impression d’agir dans une bulle de sécurité, c’est rester dans un domaine connu, c’est éviter de perdre quelque chose ou quelqu’un… Donc, au cas où, on préfère répéter les schémas, les façons de procéder, les façons de comprendre les choses, et donc les décisions et les comportements. Agir selon le même processus, c’est l’assurance d’avoir le même résultat… Et en tout cas pas pire… Oui, mais pas mieux non plus, du coup !

Le doute et la peur sont les ennemis de la confiance en soi

Ils nous trompent en nous apportant l’illusion de l’assurance, la sécurité et les apparences de bien-être. Une sorte d’habillage qui ne repose sur rien de solide. La répétition des schémas apporte le déjà connu, donc l’assurance de ne pas devoir affronter ses peurs pour aller vers l’inconnu et le risque… Tel un entraînement que vous faites avec facilité, mais qui ne vous permet pas de vous ouvrir à de nouvelles performances, expériences et savoirs.

Mais attention, à ne pas confondre avec l’exploit du moment, la montagne traversée, non pas pour soi, mais pour l’autre ou pour plaire à l’autre. C’est-à-dire que dépasser ses limites pour démontrer devant l’autre, la confiance que l’on a soi-disant de soi, est un leurre pour l’autre, et une tricherie que l’on se fait à soi. Un artifice fait pour tromper l’autre et se tromper soi-même. Il a comme effet sur le corps un immense stress qui ne peut être durable. Au fond de vous, vous savez très bien, qu’en faisant un exploit dans un domaine qui ne vous plaît pas ou qui ne vous correspond pas, est uniquement là pour prouver à l’autre qu’ensemble vous avez des points communs, et que donc pour être entré dans le monde de l’autre, cela mérite bien d’être apprécié et aimé. Cette façon de faire peut aussi traduire une pensée du type : « Je dois faire quelque chose d’extraordinaire, car ma seule valeur ne suffira pas à ce que l’autre m’aime. »

Vouloir quelque chose de différent, sortir de l’histoire qui se répète

Vouloir quelque chose de différent pour sa vie, c’est accepter d’aller vers une réalité différente, un positionnement hors de sa bulle, et observer la situation comme s’il s’agissait de la toute première fois. Oser aller en dehors de son périmètre de sécurité en prenant des risques, en traversant ses peurs, en optant pour de nouvelles façons de faire… Au profit de quoi ? De qui ? De vous bien sûr ! Pour faire vivre votre plan d’actions personnel qui est là pour remplir de projets intéressants et importants pour vous, dans les différents domaines de votre vie.

C’est ainsi proposer à son cerveau de pouvoir emprunter des chemins différents, des solutions nouvelles, des comportements qui ne nous ressemblent pas. C’est la seule façon de recevoir de la nouveauté, de l’inconnu et donc de la transformation dans sa vie. Cette volonté qui fait l’action nouvelle vient de soi et non de l’extérieur. Plus vous allez mener d’actions cohérentes avec ce que vous voulez vivre, plus vous aurez de chances de réussite. C’est mathématique et statistique ! Plus on fait de tentative, plus on a de chances de réussir. Et si échec il y a… re-visitons-le (ou les) pour en apprendre et s’améliorer. Nous sommes tous des apprentis.

Comprendre le sens de ses besoins : voilà la clé

Avoir besoin de se comparer, avoir besoin de l’avis des autres, avoir besoin de l’appréciation des autres, c’est encore douter de soi. Avoir besoin de fuir, avoir besoin de trouver des parades pour éviter d’agir, c’est éviter de voir en face la peur qui réside en nous et qui nous bloque dans notre avancée. C’est aussi s’empêcher de voir le besoin qui se cache derrière l’émotion qui est la seule façon de notre enfant intérieur de s’exprimer et se faire comprendre.

En continuant à vivre dans la culpabilité et dans la victimisation, c’est vers l’auto-sabotage que vous continuez à aller. Modifiez votre stratégie. Si vous pensez que vous ne pouvez faire autrement que d’agir dans le confort et dans la sécurité, alors, peut-être êtes-vous dans la dépendance affective. La clé, la voici : intéressez-vous à votre enfant intérieur, à ses besoins, comment il les exprime… Et surtout devenez son parent réparateur. Seul vous, pourrez réparer ce qui doit l’être en vous. La solution ne viendra jamais de l’extérieur.

Acceptez le doute et l’inconfort même si vous avez peur d’être bloqué

Si vous bloquez encore, car vous ne pouvez intégrer que le doute et l’inconfort sont nécessaires pour vivre de nouvelles expériences et pour voir des opportunités se présenter à vous pour vivre de nouveaux résultats, alors faites-vous aider pour franchir ce pas.

En revanche, si vous sentez que vous êtes capable de vous sentir à l’aise (ou à peu près), même dans une zone inconfortable, alors avancez pas à pas dans la nouvelle expérience. Osez chaque jour, un peu plus, usez de nouvelles pratiques et vous aurez des résultats nouveaux. Voyez comme la confiance en vous et la foi en les situations grandissent au fur et à mesure des expériences. Acceptez les situations, analysez-les, comprenez-les, décidez, choisissez, imaginez avec innovation, créativité et nouveauté.

Acceptez d’avoir peur

Comprenez d’où vient la peur chez vous. Ne niez aucune de vos émotions. Elles sont les portes pour comprendre vos besoins et donc la clé pour savoir comment sortir du « subir », et donc savoir quoi faire pour « agir ». Rappelez-vous qui vous voulez être et quel objectif vous visez. Ressentez la joie d’avoir atteint cet objectif. Ce que cela fait, et faites-en l’expérience. La force de croire en un possible est le chemin pour surmonter ses peurs. Oser est le mot-clé. Que peut-il arriver de si grave ? Posez-vous la question… et décidez ! Et souvenez-vous que dans la majorité des cas, vous êtes à l’origine directement ou indirectement de la plupart des situations négatives que vous vivez au présent. « La baleine se mange par petits morceaux », observez, pas à pas, votre capacité à avancer.

© Geneviève Krebs, extrait du livre “Combler ce vide en nous“, paru chez Eyrolles.

Participer à un atelier pour travailler le sentiment d’abandon, et le trouble de la dépendance affective qu’il peut provoquer.