je ne me sens pas écouté ecoute

“Je ne me sens pas écouté” : SAVOIR ECOUTER

Ecouter n’est pas entendre. Ca n’est pas non plus chercher à tout prix à faire valider ce que l’on pense, ni même poser conseil. Ca n’est donc pas se contenter de dérouler ses questions sans tenir compte de ce qui est important pour l’autre, de ce qu’il vit, de ce qu’il ressent et a besoin d’exprimer.

Ecouter c’est laisser pleine place à l’autre de s’exprimer, à son rythme, en toute liberté, avec confiance, se sentant encouragé et en sécurité pour le faire. Ecouter c’est permettre, accueillir, explorer, remercier.

Laisse ton monde de côté

Oriente toi à 100% sur l’autre parce que ton modèle du monde n’est pas forcément celui de la personne en face de toi, même si tu la connais bien. Ses filtres sont différents dans le sens où son éducation l’a été, les valeurs transmises par ses référents peut-être aussi, son parcours, ses croyances, ses émotions et ses expériences font que sa perception des événements, ses ressentis, décisions et comportements ont des chances de l’être aussi : DIFFERENTS de toi. Détecte tout cela, c’est à dire “qui est l’autre” en écoutant attentivement. Laisse de côté toute tentative de comparaison avec qui tu es, et juste… découvre l’autre et comprends le dans ce qu’il exprime.

D’abord créer la relation de confiance

La confiance vient de l’intention profonde qui n’a pas besoin de mots pour être perçue. Lorsqu’elle est branchée sur la bienveillance, le respect, l’ouverture, l’attention, l’acceptation de la différence, l’envie de comprendre et l’accueil, alors l’essentiel est là pour que la confiance au sein de la relation, soit. Prends garde à laisser le jugement de côté, tes besoins de poser des “pourquoi” à tout va. Ils n’apportent que culpabilisation, mal-être et coupe tout élan dans l’échange. Ton attitude dans la relation parle pour toi.

Cherche à comprendre : laisse parler

Comprendre c’est saisir ce qui est dans un premier temps déjà visible, compréhensible, comme si la partie en avant de l’iceberg se dévoilait. Oui, mais voilà, l’iceberg n’est pas seulement fait de sa face visible. Pour le comprendre dans sa totalité, il convient d’observer ses côtés, son sommet, l’arrière et les points immergés, son environnement, tout ce qui ne se voit pas, tout ce qui ne peut se montrer, et donc chez l’humain, ses peurs, ses doutes, ses culpabilités, ses hontes, ses forces, ses contraintes, ses réussites, ses échecs, etc.

Ne donne pas ton avis si on te demande d’écouter

Donner ton avis ou critiquer la façon de faire ne vient satisfaire que ta préoccupation et ton ego. Ecouter est un temps qui permet à celui qui s’exprime de pouvoir poser les choses, et tout en les exprimant, de prendre conscience de la situation et des pensées du moment. Vouloir aller trop vite en proposant, en voulant trop prestement aider, viendrait priver l’autre de cheminer. Accepte que l’autre ait la place principale et prends conscience que la tienne en restant à la marge l’est tout autant.

Considère que la 1ère réponse à ta question n’est pas la bonne

Comprendre, explorer, aller plus loin encore pour aborder tous les tenants et aboutissants de la situation, des émotions ressentis et de ce qui se cache encore, suppose de “tirer le fil de laine” en posant des questions ouvertes et des questions d’exploration. Laisse de côté ce fichu “Pourquoi” qui dans l’échange devient vite toxique car trop emprunt de culpabilité. Laisse de côté toutes les questions fermées qui ne sont là que pour valider tes pensées. Et lorsque l’autre exprime ses premiers mots, dis-toi, que de la même façon qu’un train peut en cacher un autre, une réponse peut en cacher une autre, et bien souvent la pépite se trouve dans la suite… Sois doté de patience et de bienveillance.

Geneviève Krebs

Encourage pour aller plus loin

L’écoute dans une relation de confiance, de patience, de respect de l’autre permet d’aller aussi loin que la place pour l’émotion se fait. Il n’est pas rare que des pleurs ou des peurs s’expriment. N’aie pas peur de ce cadeau qui se dévoile uniquement parce que tout est là pour le permettre. Laisse la porte ouverte à l’expression, même si par résonance ces sentiments profonds t’interpèlent, te gênent et peut-être même te font peur… Que vais-je faire pour gérer ça ? … Juste l’attention et la bienveillance permettront d’encourager l’expression et l’accueil de ce qui est.

Si le besoin de t’impliquer est là : demande

Au sein de l’écoute, il y a l’échange qui devient pressent, tout comme l’envie de s’impliquer, d’aider, de proposer, et de faire un feed-back. Une fois l’iceberg parfaitement visité et compris sous toutes ses facettes, alors oui, ose le partage, en veillant à demander à l’autre s’il veut bien le recevoir. Pourquoi ne le voudrait-il pas ? Eh bien tout simplement parce que ça n’est pas encore le bon moment. Tout simplement parce que le temps d’expression a été si éprouvant ou libérateur, qu’il est important pour le moment d’en rester là. Sois tranquille, le moment de dire trouve sa juste place, maintenant ou après. Et tout est bien ainsi.

Rien de plus à dire : remercie de la confiance accordée

Ecouter et se sentir écouté est un moment de grande complicité, comme une parenthèse à part, un instant de vie qui fait toute la différence. Il vient enrichir le sentiment de considération, la reconnaissance, la confiance dans la relation et son avenir. Ecouter reste l’opportunité de mieux comprendre l’autre et ainsi d’ajuster ce qui semble important. Se sentir écouté(e) reste le plus précieux : être reconnu et respecté en tant que SOI. L’écoute est un cadeau que deux personnes se font.

© Geneviève Krebs, pratique la psychothérapie, le coaching et la thérapie brève auprès des particuliers et entreprises depuis + de 23 ans. Auteur d’une douzaine d’ouvrages parus chez Eyrolles, Afnor, Chronique Sociale.