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La dépendance affective au travail

La dépendance affective trouve sa source dans un manque d’amour, de sécurité, de reconnaissance, d’encouragement et d’accompagnement à l’autonomie et à la maturité affective, durant l’enfance ou l’avant puberté : au moment même où l’enfant a besoin de ses sentir important pour ses parents, mis en sécurité et conforté dans une confiance affective. Si l’absence et le vide s’installent à ce moment de la vie, c’est alors laisser la place au doute et à la culpabilité. La conviction de ne pas être suffisamment bien pour être aimé. Cet état devient une vérité, SA vérité, et peu importent les preuves du contraire qui se présenteront.

Le mot “affective” nous amène souvent à penser qu’il ne touche que la vie sentimentale d’un individu. Au contraire, c’est un schéma qui a des effets sur tous les domaines de la vie, y compris le monde professionnel.

Comment la dépendance affective se traduit au travail

Le dépendant affectif dans le monde professionnel est parmi ceux qui acceptent tout, qui sont incapables de dire NON par peur du conflit mais surtout par crainte de ne plus être appréciés. Le dépendant affectif au travail se met en surcharge de missions quitte à mettre en danger sa vie personnelle et son équilibre. Il a ce côté visible “très serviable” mais il a aussi un côté sombre qu’il vit dans l’ombre et qui passe par le contrôle, l’observation et parfois la manipulation, non pas avec une intention de nuire, mais pour faire tout son possible pour éviter de n’être plus apprécié, d’être rejeté ou ignoré. L’indifférence est un état qu’il ne supporte pas et qui peut le faire basculer dans une panique et un mal-être total.

Un manque de maturité affective

La peur de ne jamais être à la hauteur fait qu’il en fera trop, jusqu’à basculer dans la sur-qualité qui a un coût pour l’entreprise, ou dans un surinvestissement.

La peur de ne pas être préféré (ou choisi) qui le pousse à pointer du doigt ce qui ne va pas chez ses collègues, pour se mettre en avant de façon tout à fait inconsciente.

La peur de perdre un avantage ou l’attention de quelqu’un qui l’empêche d’avoir des relations intelligentes et détachées avec tous ceux qu’il pensera être un danger pour lui.

Des peurs qui l’empêchent d’apprécier sa valeur

Les peurs sont la conséquence directe à son manque d’autonomie affective et son incapacité à reconnaitre par lui-même sa valeur. Il a besoin en permanence de vérifier à l’extérieur, auprès de ses collègues, de ses responsables hiérarchiques ou même auprès des clients et partenaires, sa validité à être un “bon travailleur” et une “bonne personne”. Il est incapable de s’adonner à un exercice d’auto-évaluation. Son point de repère est l’extérieur. Le doute fait partie intégrante du dépendant affectif. Cet état l’empêche souvent d’être totalement autonome.

Un malaise pour lui et pour les autres

Lorsque ses jeux de manipulation sont mis à jour, ou que sa “trop présence” devient lourde pour ceux qui l’entourent, le dépendant affectif est paniqué. Il va faire de son mieux pour récupérer la situation, soit en pleurant comme un enfant en pleine réunion ou face à la personne sur laquelle il aura posé toute son attention ou son besoin de reconnaissance, soit au pire en quittant l’entreprise. Ceux qui l’entourent ne savent pas très bien comment le considérer : est-ce un gentil qui souffre, qui manque cruellement de confiance en lui et qui a besoin d’aide ? Ou est-ce une personne toxique qui cherche à tout ramener à elle, en manipulant les personnes et les situations ? Ce qui est sûr c’est que cet état de dépendance affective pousse les relations vers une perte de confiance et une mise à l’écart.

Le premier pas pour en sortir est de comprendre

S’il existe bien un domaine dans lequel personne ne peut agir à votre place, c’est bien la dépendance affective. Faire autrement doit être expérimenté pour en observer et ressentir les résultats. C’est une aventure qui peut être longue et parfois douloureuse, mais l’idée de se libérer enfin de ce schéma de dépendance affective est un but à fort enjeu. Quand la vie semble continuellement jouer les mêmes schémas de souffrance dans les relations personnelles et professionnelles ; Quand ce sont toujours les mêmes types de personnes que vous croisez dans votre vie ; Quand le vide et la solitude vous terrifient et vous obligent à rester dans une situation insupportable ; Quand le doute s’installe, et que vous en êtes arrivé à ne plus savoir d’où vient le souci : vous ou l’autre ? Alors c’est que la situation a assez duré et qu’il est temps de se prendre en mains et agir.

© Geneviève Krebs, Auteur de « Dépendance Affective : six étapes pour se prendre en mains et agir » paru chez Eyrolles en juin 2018

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