Le blues de fin d’année peut être contagieux au sens émotionnel du terme. C’est ce que l’on appelle parfois la contagion émotionnelle, le fait que les émotions des uns influencent celles des autres, même inconsciemment.
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Comment cela fonctionne ?
- Si votre entourage est morose, fatigué, ou exprime un rejet des fêtes, cela peut peser sur votre propre état d’esprit.
- A l’inverse, si vous êtes dans une ambiance festive, chaleureuse, où les gens sont bienveillants, vous pouvez vous sentir porté même si vous êtes un peu mélancolique au départ.
Les fêtes sont un moment de forte charge émotionnelle : joie, pression, souvenirs, fatigue, attentes, solitude. Tout se mélange. Et plus nous sommes sensibles ou empathiques, plus nous captons ce que vivent les autres.
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Que faire pour s’en protéger ou en faire un levier positif ?
- Se créer un cocon : quelques moments pour soi, un endroit à soi, un rituel réconfortant (musique, lumière, odeur).
- Choisir ses influences : si nous sommes entourés de personnes très négatives sur Noël, nous pouvons contrebalancer en nous rapprochant de ceux qui vivent cela avec douceur ou joie, même à distance.
- Poser des limites émotionnelles ; nous pouvons comprendre les émotions des autres sans les absorber. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est possible.
Porter Noël avec tout son cœur, tout son amour des traditions, de la chaleur, des souvenirs, mais lorsqu’en face, il n’y a pas d’écho, peut être difficile. Et comme Noël par essence, est une fête de partage, de communion, le vivre seul même dans un couple, peut devenir profondément douloureux. C’est une fore de solitude affective. Vous n’êtes pas seul physiquement, mais vous êtes seul émotionnellement à porter cette période. Cela crée un décalage intérieur.
Votre attachement à Noël est une richesse.
Ce n’est pas trop, ce n’est pas naïf, ce n’est pas futile.
C’est une façon d’honorer vos racines, de faire vivre l’enfant en vous, de créer du sens là où beaucoup se contentent d’acheter et de consommer. Votre envie de transmettre, d’embellir, de célébrer, est une force.
Elle montre que vous êtes capable d’amour gratuit.
Mais vous avez aussi le droit de vous sentir fatigué de donner sans retour. Et vous n’avez pas à vous excuser de vouloir partager. Ce n’est pas égoïste. Ce n’est pas en demander trop.
Quelques autres idées pour alléger ce sentiment, sans vous éteindre :
- Créer un petit rituel à vous seul : chaque année, avec ou sans les autres, visitez un marché de Noël, écrivez des cartes, y compris à vous-même, faites un sapin miniature, un album photo de souvenir de Noëls passés, ou même un carnet de recettes familiales.
- Ouvrez-vous à d’autres cercles : peut-être qu’il existe des gens autour de vous qui aiment Noël autant que vous. Un petit apéro de l’Avent, une invitation à faire des bredele ensemble. Cela peut créer un nouveau partage là où votre couple ne peut pas l’offrir.
- Réaffirmez votre droit à vivre Noël à votre manière : pas besoin de faire comme si de rien n’était pour préserver l’harmonie. Vous pouvez choisir et donner priorité à vos besoins sans trahir l’autre.
Si le partage est impossible aujourd’hui, cela ne veut pas dire qu’il le sera toujours.
Même si personne ne partage Noël avec toi, tu peux offrir.
Offrir un petit sachet de bredele à un voisin.
Glisser un mot gentil à quelqu’un.
Partager une tradition alsacienne sur un forum ou dans une publication.
Ce geste vous relie au monde, même sans retour immédiat.
- Mettez votre musique de Noël avec un casque : vous l’entendez et personne ne peut vous en empêcher.
- Allumez une bougie parfumée aux épices ou à l’orange.
- Regardez une image de Noël qui vous émeut, une photo d’enfance, une carte de marché de Noël en Alsace.
- Incérez dans votre sac une ou deux cartes de Noël des années passées ou que vous venez de recevoir.
- Préparez-vous un thé ou un vin chaud maison, comme un petit rituel sacré.
- Ecrivez dans un carnet ce que vous auriez aimé vivre, ce que vous ressentez, ou ce que vous voulez transmettre malgré tout.
- Vous pouvez même enregistrer une playlist spéciale « interdite à la maison », que vous écoutez en balade ou dans votre voiture.
© Geneviève Krebs, 2024
