Vous vous sentez fatigué, tendu, inquiet, parfois à bout. Vous avez du mal à vous concentrer, vous dormez moins bien, vous réagissez plus vivement que d’habitude. Vous avez peut-être l’impression de ne plus être tout à fait vous-même.
Et pourtant, vous ne comprenez pas toujours pourquoi.
Le stress peut prendre différentes formes. Deux d’entre elles méritent particulièrement votre attention : le stress traumatique et le stress chronique.
Ils peuvent provoquer des manifestations similaires, mais leurs origines et les mécanismes qui les entretiennent sont différents.
Le stress traumatique : quand un événement laisse une empreinte
Imaginez que vous ayez vécu un accident, une agression, une humiliation particulièrement violente, une situation de menace ou que vous ayez été témoin d’un événement bouleversant.
Même lorsque cet événement est terminé, votre cerveau et votre corps peuvent continuer à réagir comme si le danger était encore présent.
Vous pouvez alors ressentir une peur soudaine, avoir des souvenirs qui s’imposent à vous, faire des cauchemars ou chercher à éviter certaines situations qui vous rappellent ce que vous avez vécu.
Vous pouvez également devenir particulièrement vigilant, sursauter facilement ou avoir du mal à faire confiance.
Le problème n’est pas que vous manquez de courage. C’est que votre système d’alarme continue parfois de fonctionner alors que la menace a disparu.
Après un événement traumatique, ces réactions ne sont pas systématiques et peuvent s’atténuer naturellement. Lorsqu’elles persistent et perturbent votre quotidien, elles méritent une attention particulière.
Le stress chronique : quand la pression ne s’arrête jamais
Le stress chronique fonctionne différemment.
Il ne résulte pas nécessairement d’un événement spectaculaire. Il s’installe progressivement, à force d’accumuler des tensions sans disposer de suffisamment de temps ou de ressources pour récupérer.
Les études, les examens, les difficultés familiales, les conflits avec les amis, les inquiétudes financières, les exigences que vous vous imposez ou encore la pression de réussir peuvent y contribuer.
Au début, vous tenez bon. Vous faites des efforts. Vous vous adaptez.
Puis, progressivement, vous vous épuisez.
Vous devenez plus irritable, vous perdez votre concentration, vous avez du mal à prendre des décisions. Parfois, même les activités que vous aimiez deviennent fatigantes.
Vous pouvez aussi ressentir une inquiétude permanente, sans parvenir à identifier précisément ce qui vous angoisse.
Votre organisme reste mobilisé trop longtemps, sans bénéficier d’une récupération suffisante.
Et cette usure peut avoir des conséquences sur votre santé physique, votre équilibre émotionnel et vos relations.
Comment faire la différence ?
Une distinction simple peut vous aider.
Dans le stress traumatique, votre organisme peut continuer à réagir à un danger que vous avez vécu, même lorsque celui-ci appartient au passé.
Dans le stress chronique, votre organisme reste sollicité par des pressions qui se prolongent ou se répètent dans votre quotidien.
Mais attention : ces deux formes de stress peuvent coexister.
Une personne ayant vécu un événement traumatique peut également subir des difficultés familiales, scolaires, professionnelles ou relationnelles qui entretiennent son état de tension.
Il est également important de comprendre que toute expérience douloureuse n’est pas nécessairement un traumatisme psychique et que toute période de stress ne devient pas chronique.
Ce qui compte, c’est notamment la nature de ce que vous avez vécu, la manière dont vous y réagissez, la durée des manifestations et leurs conséquences sur votre vie.
Pourquoi certaines personnes semblent-elles mieux résister que d’autres ?
Parce que nous ne réagissons pas tous de la même manière aux événements.
Votre histoire personnelle, votre sentiment de sécurité intérieure, votre environnement, vos expériences antérieures, vos ressources émotionnelles et le soutien dont vous disposez influencent votre façon de vivre les difficultés.
Deux jeunes confrontés à une même situation peuvent développer des réactions très différentes.
Cela ne signifie pas que l’un est plus fort que l’autre.
Cela signifie que chacun possède une histoire, une sensibilité et des ressources qui lui sont propres.
Et surtout, votre capacité à faire face peut évoluer.
Que pouvez-vous faire pour aller mieux ?
La première chose consiste à reconnaître ce que vous vivez, sans le minimiser.
Vous n’avez pas à attendre d’être complètement épuisé pour prendre votre état au sérieux.
Apprenez à repérer les situations qui augmentent votre tension. Observez vos réactions physiques, vos pensées, vos émotions et vos comportements.
Accordez de l’importance au sommeil, aux moments de récupération, à l’activité physique et aux relations dans lesquelles vous vous sentez en sécurité.
Apprenez également à distinguer ce qui dépend de vous de ce qui échappe à votre contrôle.
Et surtout, parlez de ce que vous traversez.
Un proche de confiance, un adulte référent ou un professionnel de santé mentale peut vous aider à comprendre vos réactions et à trouver des solutions adaptées. Lorsque les manifestations traumatiques persistent, un accompagnement spécialisé peut être nécessaire.
Ce que j’aimerais que vous reteniez
Vous pouvez être jeune et déjà avoir traversé des expériences difficiles. Vous pouvez également être jeune et vous sentir épuisé par les exigences de votre quotidien.
Votre âge ne rend pas votre souffrance moins réelle.
Mais il est essentiel de comprendre que vous n’êtes pas condamné à vivre durablement dans cet état de tension.
Votre cerveau possède des capacités d’adaptation. Votre sécurité intérieure peut se renforcer. Votre rapport aux événements, aux autres et à vous-même peut évoluer.
Apprendre à reconnaître les mécanismes du stress, c’est commencer à comprendre ce qui vous arrive, à identifier vos besoins et à retrouver progressivement une capacité d’action.
Votre objectif n’est pas de devenir insensible à ce que vous vivez mais d’apprendre à traverser les difficultés sans que votre équilibre émotionnel en soit continuellement menacé.
Geneviève Krebs — Psychopraticienne, spécialiste de la dépendance affective et de l’insécurité émotionnelle.
