le monde d'après

Le monde d’après

Nous l’avons rêvé, nous l’avons imaginé ; il a fait l’objet de quelques scénarios. Il ne s’agit plus de science fiction… Nous sommes en train de le créer, et l’Etre peut y avoir le rôle principal. Certes, pour l’heure, ce sont plus de questions qui se posent que de réponses qui s’affirment. Et  en même temps, que de ressentis, de certitudes intuitives, d’évidences et d’urgences..

Il nous fallait un virage

Aurions-nous imaginé que le virage qui permettrait le changement de cap et qui mettrait tout à l’arrêt de façon aussi radicale, viendrait d’un virus, et donc d’un réflexe de survie obligé, qui nous positionne du traqueur au traqué ? Il s’agit maintenant dans le rond-point, de savoir prendre la bonne sortie, d’éviter de faire un tour complet pour reprendre la même route, voire pire, celle juste en face qui n’en serait que la continuité sur laquelle les pires épreuves nous attendraient encore. Il nous est donné l’occasion de prendre une autre direction, plus directe, à moins que cette voie n’existe pas encore, et qu’il nous faudra la construire à l’aide du meilleur de nous-même. Nous avons cette compétence, ce talent inné de nous centrer sur l’essentiel. C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas ! Il suffit, même timidement de remonter dessus et d’explorer.

La vie des femmes et des hommes

Certains en ce moment sont en première ligne. Ils assurent la tenue du front et résistent pour préserver tout le back-office dont nous faisons partie. Comment oublierions-nous que la vie et la santé aient été un long temps donné, prioritaires sur l’énergie du trop vite, et sur la consommation du gâchis et le superflu ? Comment oublierions-nous ces heures où nous avons rêvé du brin d’herbe, des champs fleuris, d’un air pur, et des grands espaces libres ? Dans cette nature sacrifiée, la plus grande amnésie, le mensonge que nous nous sommes fait, est de croire que nous sommes au-dessus des lois naturelles. Notre place sauvage n’est guère plus grande que celle des autres habitants de la Terre ; Nous faisons partie de la faune et avons besoin de la flore.

Les activités indispensables

Certains métiers, souvent les moins considérés sont sur le devant de la scène depuis plus de six semaines. Ils viennent répondre à nos besoins primaires comme rester en bonne santé, manger, boire, se sentir en sécurité… l’acte essentiel de pouvoir RESPIRER n’a jamais été aussi fondamental ! C’est un verbe à partir duquel le chemin est montré pour imaginer nos pensées, nos comportements, décisions et activités. Que vous inspire ce verbe RESPIRER ? Pour ma part, les premières réponses qui viennent sont : Respirer la vie, Respirer la santé, Respirer l’air pur, Respirer l’énergie de ce qui m’entoure, Respirer d’aise et de bien-être, Respirer la nature, Respirer le moment de calme, le répit, le temps donné pour réaliser avec respect et recul, RESPIRER c’est aussi ASPIRER, INSPIRER, EXPIRER. Soyons inspirés et inspirants dans les activités et la façon de les mener. Laissons par nos actes, la Terre souffler. Le groupe de questions qui permettra de réinventer le monde nouveau est selon moi : Qu’est-ce qui m’aspire ? Par quoi suis-je inspiré ? Qu’est-ce qui doit expirer ?

La créativité est notre meilleur médicament

Nous sommes tous dotés de cette originalité, sans pour autant être des Michel-Ange ou De Vinci. La créativité, rappelons-le, est cette capacité que nous avons tous à imaginer, créer, inventer, construire, mettre en oeuvre, résoudre, trouver. Nous avons su par certaines de nos inventions, nous ouvrir au progrès, à l’ingéniosité, à l’innovation, aux solutions. Quand le but visé est noble, l’homme devient un génie, et le talent, un miracle. Quand le but est autre, le talent est au service du pourrissement et de la destruction. Il est temps de revenir aux bonnes intentions, et qu’au hasard heureux de notre recherche du monde d’après, nous puissions découvrir d’autres façons d’être et de faire, au service d’importance ou d’intérêt supérieur, pour tous.

Imaginer et entreprendre

Dans l’opérationnel, le besoin ouvre à l’idée qui insuffle l’action. Notre système humain et le système économique sont basés sur ce fonctionnement. Nous avons tout posé sur des indicateurs d’efficacité et d’efficience, de performance et de résultat. Là encore, c’est un réflexe naturel qui vise à évaluer le chemin entre l’idée et sa réalisation. Toutefois, n’avons-nous pas intérêt à reconsidérer les critères qui étalonnent nos indicateurs ?  Délais de réponse, rapidité de production, … tout s’est emballé jusqu’ici parce que nous avons oublié qu’il était plus que jamais urgent d’être patient. Ne dit-on pas que “la Patience est mère de toutes les vertus” ? La patience nous aide à alterner entre ingéniosité et banalité. A chercher le plus du plus, le mieux du mieux ET AUSSI le mieux du peu, le moins du mieux. Et si la sagesse, la gloire et la réussite prenaient un autre chemin, celui de retrouver le goût de l’essentiel de nos besoins ?

Coïncidences ou Signes

Lorsque je me pose à comprendre ce qui nous est donné à intégrer dans cette épreuve humaine mondiale… des mots, des faits s’affichent à moi, et avec recul prennent sens. RESPIRER, PATIENCE, RECUL, SOLIDARITE, PRODUITS PREMIERE NECESSITE, PARTAGE, RECHERCHE, VOCATION, METIERS DE PREMIERE LIGNE, SANTE, BESOIN D’AIR, BESOIN DE LIBERTE, BESOIN D’ESPOIR, SECURISER, SIMPLICITE, … En prenant chacun de ces mots, induits de nos maux passés, je me dis que si nous réussissons à fermer certaines portes, la substance de ces mots nous donnera envie d’en ouvrir une autre, et de savoir quoi et comment oeuvrer pour une nouvelle réalité individuelle et collective.

Et si la réponse nous était soufflée ?

© Geneviève Krebs, 28 avril 2020