NOEL

La déprime de Noël n’est pas une fatalité

Si Noël est un moment fait de joies et de partages pour certains, les fêtes seraient difficiles à vivre pour une personne sur trois en Occident. Pour elles, c’est l’heure de la déprime, celle qu’il convient de cacher tant elle est en décalage avec l’ambiance festive. La personne enjouée par l’esprit de Noël, tout comme celle anéantie à l’idée des fêtes est respectable et mérite d’être comprise.
La déprime de Noël va bien au delà de toucher celui qui la vit directement. Attention, danger de contagion…

Comment s’installe la déprime de Noël

Celui qui la vit a le sentiment qu’elle s’est installée au fil du temps, certainement avec l’insouciance perdue de l’enfance. Pour d’autres, les événements difficiles de la vie auront marqué comme un point d’ancrage à la déprime : éloignement, solitude, perte d’un être cher, précarité, séparation, chômage, déception, etc. sont autant de situations de vie qui ne permettent pas de s’inscrire dans une démarche de joie festive. Bien au contraire ! Le sentiment d’être en décalage par rapport à cette fameuse Magie de Noël est bien là, et la société en fait le rappel à chaque jour qui passe, comme pour alourdir les angoisses déjà bien présentes.

La déprime de Noël n’a rien à voir avec la dépression. La dépression s’annonce par des signes bien particuliers qui doivent vous inviter à consulter un médecin :
– un manque d’énergie et de joie de vivre
– une envie de rien
– la peur de tout
– des pleurs sans possibilité de retenue
– les angoisses
– une fatigue latente et pourtant des insomnies
– un manque d’appétit
– un repli sur soi
– une vision négative et pessimiste
– la perte de points de repères…

La dépression surgit et réapparait souvent en la période hivernale par la baisse de la luminosité, la rudesse de l’hiver. Elle doit être soignée.

Si le manque de lumière de l’automne affecte aussi le déprimé, c’est surtout l’enfance et la famille qui sont les critères qui touchent le déprimé de Noël. Cette fête bien particulière fait remonter des choses de l’enfance en lien avec la famille et ses complications, ses devoirs, ses doutes, ses jalousies, ses manques, et plus généralement le deuil de la famille idéale dont on a rêvée tout ce temps. « Rien qu’à l’idée de devoir jouer un rôle à Noël, me déprime » me disait une personne dernièrement. Noël en résonance avec la famille, c’est aussi réveiller la douleur comme :
– l’absence d’un proche
– un divorce/une séparation
– un échec sentimental
– des souvenirs difficiles
– un sentiment de jalousie
– un sentiment d’être en décalage avec les siens
– la peur du jugement
– la malveillance ambiante
– une incompatibilité et un manque de complicité entre les personnes d’une même famille. Ou pour d’autres, le constat que la famille n’est plus, et donc de n’avoir plus personne à qui rendre visite.

La nostalgie de l’enfance

La déprime de Noël renforce la nostalgie de l’enfance perdue, et met en avant le temps qui passe, le temps qui change, et l’idée que « c’était mieux avant » et que rien ne pourra faire en sorte de revivre l’insouciance et la magie des Noëls passés. Tous ces souvenirs heureux, simples et joyeux que l’on ne retrouve plus. La personne qui est dans cette mouvance de la nostalgie de l’enfance décourage toute tentative de projet de Noël, avant même d’en voir le possible résultat. Rien ne sera jamais à la hauteur. Rien ne peut ramener les mêmes sensations de bien-être.

Effectivement, rien n’apportera l’enfance, ni même un parent ou grand-parent cher et disparu… mis à part quelques odeurs ou clichés … Rien parce que le contexte est différent : même si l’enfant intérieur est encore présent, l’adulte est là, avec ses prises de conscience, ses soucis, ses besoins, ses attentes, ses peurs, ses chagrins, ses manques, en plus de ses joies d’adulte bien-sûr !

Si nous avons en nous de bons souvenirs d’enfance à Noël c’est parce que des adultes et d’autres enfants ont contribué à cette ambiance et magie que nous avons alors vécues. J’aime à rappeler combien il est important pour nous, adultes, d’assumer notre responsabilité à agir aujourd’hui pour que les souvenirs de Noël de nos enfants et petits-enfants soient les plus magiques possibles. A force de vivre dans la nostalgie de notre enfance, le seul lien que nous risquons de laisser à nos enfants est l’attachement à la fête commerciale, à l’orgie alimentaire, au cadeau onéreux sans réel symbole.

Que la nostalgie de l’enfance nous ramène à vouloir vivre et faire perdurer les traditions, les symboles, les valeurs, les instants de vie, la simplicité et les ambiances douces et tendres avec ceux que nous aimons.

Passer du subir-passif au vivre-agir !

Donnez la chance aux enfants qui vous entourent de pouvoir vivre les mêmes beaux Noëls que vous avez vécus… Ou alors, donnez-leur la chance de ne pas vivre ce que vous avez vécu, mais bien ce que vous auriez souhaité vivre à ce moment là ! Vous n’avez pas d’enfant autour de vous ? Pensez à votre enfant intérieur… et tous les enfants intérieurs de chaque adulte autour de vous.

La déprime est contagieuse, alors agissez !

La dépression en règle générale est contagieuse alors que dire de la déprime de Noël ! Noël est symbole de partage et de joie. Comment être dans cet état d’esprit si même entouré, personne n’a coeur à partager et s’enjouer de la période ? Comment se sentir dans l’esprit de Noël et faire vivre ses traditions, quand la période semble ressembler à toutes les autres, même si la maison est décorée avec soin ? Comment se sentir joyeux quand chacun s’isole sous un même toit et que les jours passent avec tristesse et indifférence ? Comment se réjouir des fêtes quand le seul message autour de soi est : « vivement que les fêtes soient passées ! » ?

Attention, une telle ambiance risque de tirer vers le bas même les personnes les plus amoureuses de Noël. La tristesse amène la tristesse. L’isolement invite à l’isolement. La joie provoque la joie. Le partage incite à venir vers. Etre l’animateur d’un entourage morose devient lourd, même pour la personne d’un naturel gai et dynamique.

Se retrouver, se redonner priorité et douceur devient alors la priorité.

Agir pour le résultat que l’on recherche

N’espérez pas non plus que les autres aient la présence d’esprit de vivre la période comme vous la souhaitez. Ils ne sont pas vous, n’ont pas votre histoire, vos souvenirs, ni même vos points de repères.

Entrez dans l’action :
– en vous faisant plaisir
– en faisant plaisir aux autres
– en bricolant des cadeaux et décorations
– en invitant les enfants autour de vous à vivre des moments festifs
– en vous investissant dans des associations (Noël de Joie, Les Restos du Coeur par exemple)
– en faisant vivre la solidarité, la compassion
– en chantant et en écoutant de la musique
– en regardant les films et contes que vous aimez
– en racontant des récits et des contes
– en allant vers les autres si vous êtes seul
– en faisant vivre les traditions
– en discutant avec les autres
– en invitant les personnes avec qui vous souhaitez vivre Noël

… et si c’est encore trop lourd, ou si vous n’aimez pas la neige à Noël, partez en vacances au soleil pour une belle période de luminothérapie :-)

 

Bon Noël à tous !

Geneviève Krebs, copyright 2017