aimer qui je suis

Aimer qui je suis : apprendre à m’aimer

Apprendre à s’aimer… Commencer à fonctionner avec l’idée que “je suis la personne la plus importante pour moi” et que “je mérite l’amour, la considération” est difficilement abordable, voire même non envisageable pour une personne qui a perdu confiance en elle, qui n’a plus d’estime de soi, et qui nourrit la culpabilité, le doute, souvent une personne qui a basculé dans la dépendance affective.

S’aimer c’est l’idée d’être une bonne personne qui mérite

Cette idée vient bousculer de profondes croyances internes chez celui qui doute. Les croyances contraires bien ancrées depuis des années parfois, et les peurs et les résistances internes peuvent être nombreuses. Souvent j’observe les personnes dépendantes affectives faire des rictus moqueurs à m’entendre dire ces affirmations : ‘Vous méritez l’amour”, “vous êtes important”, “vous êtes une belle personne”, “vous avez de la valeur”, comme si elles n’y croyaient pas, comme si l’idée était gênante, comme si ma démarche était utopiste. Et pourtant, l’amour de soi est là dès notre naissance, et quelle est donc cette personne, celle qui est la mieux placée pour vous connaître, si ce n’est vous-même ? Reconsidérez l’ordre des choses et le bon sens humain.

Pour s’aimer : personne ne peut agir à votre place

Adopter l’idée de devoir s’assumer, se responsabiliser et trouver soi-même la réponse à ses besoins et notamment celui de s’aimer est suffisamment tétanisant pour certaines personnes qu’elles préfèrent abandonner dès le début. La réponse pour elles doit forcément venir de l’extérieur, des autres, sinon, elle n’a pas d’impact sur la reconnaissance et la considération. C’est notamment là, qu’un accompagnateur est utile pour booster, tendre une main sans trop assister non plus, puisque la base du déséquilibre de ce comportement repose sur “faire porter mes responsabilités, mes choix et mes actions par l’autre… parce que j’ai besoin ». C’est pour cela que le thérapeute veille à bien rester à la marge des actions et choix de changement. Le « sujet » doit parvenir à agir par lui-même. Je pense pouvoir affirmer que la voie de la « guérison comportementale » se situe ici : Faire et Agir par soi-même. Alors oui, cela est terrifiant, car qui dit « Décider-Faire-Agir » par soi-même évoque immédiatement le sentiment de solitude et de non capabilité.

Le retour à soi par l’autonomie et la responsabilisation

S’assumer, se responsabiliser, agir par soi-même, répondre à ses besoins sous-entend “être avec soi”, “tourner le regard sur et vers soi”. Et la solitude, pour un dépendant affectif est égale au sentiment de vide qui déclenche automatiquement un besoin de fuir vers la recherche d’un contact ou d’une addiction, pour remplir ce vide. Vous n’imaginez même pas la sensation de bien-être que cette étape d’autonomie et de responsabilisation réussie, permet et apporte ! Osez, forcez-vous au début, allez au bout du bout ! La récompense est là : vous regagnerez alors, petit à petit la confiance et l’estime de vous-même au travers des constats, des expériences nouvelles, et de la redécouverte de vous-même. Et par là, votre valeur, celle qui ouvre la porte de l’amour et la reconnaissance de soi.

Reconnaître son besoin d’être aimé touche à une profondeur de soi, au droit d’exister, à la valeur que l’on se porte.

©Geneviève Krebs, praticienne en psychothérapie, coach, auteur de “Dépendance affective : six étapes pour se prendre en mains et agir” paru chez Eyrolles

VOUS PENSEZ ETRE DEPENDANT AFFECTIF, CECI PEUT VOUS AIDER
DEPENDANCE-AFFECTIVE

8 comments on “Aimer qui je suis : apprendre à m’aimerAdd yours →

  1. Bonjour, c est tellement vrai, mais lorsque depuis enfant on nous a jamais laissé le droit d exister , et qu à passer 40 ans on se rencontre de tout ça c’est assez bouleversant, un travail de tous les jours qui apportera ses fruits, je vais acheter le livre , merci
    Et belle journée à vous

  2. Oui Querry, ce que l’on vit parfois durant l’enfance peut avoir de graves conséquences. Je vous souhaite le meilleur qui soit et que mon livre puisse vous apporter au maximum.

  3. Un livre bouleversant et tellement bien écrit et vrai et boom! Explosion de pleurs, solitude, anxiété, désillusions et j’en passe, il vaut mieux être accompagné, en plus de ce livre magique dont l’auteure à été extraordinaire dans sa façon de décortiquer les gens de type abandonniques.
    Merci à vous Geneviève.

  4. Un grand merci pour votre retour après la lecture de “Dépendance Affective”. Une telle satisfaction de savoir que mon livre est utile et aidant.

    Oui Audrey vous avez raison : dans les cas de dépendance affective les plus avérés où la peur s’est transformée en panique permanente provoquant douleur et traumatisme, et où parfois le quotidien doit composer et s’armer contre la violence psychologique ou physique, faites-vous aider ! Si dans votre quotidien, vous vous sentez en danger ou désespéré, consultez ! Bien sûr que mon livre pourra aussi vous être utile, en parallèle d’une démarche analytique, mais les prises de conscience dans les cas les plus sérieux peuvent nécessiter de pouvoir échanger, et s’en remettre à la thérapie. La plupart des changements passent par la douleur, ne serait-ce que celle provoquée par le fait de comprendre un fonctionnement ou d’affronter nos peurs les plus profondes.

    Retenez malgré tout que pleurer est une forme de libération, de lâcher prise, c’est comme une porte qui s’ouvre pour une nouvelle possibilité de travail sur soi. De la même façon que franchir la phase de tristesse au moment de vivre une période de deuil sans la couper, l’empêcher ou la stopper est primordial, de la même façon, si vous voulez transformer votre façon d’être, les étapes de transition parfois douloureuses sont nécessaires à franchir, et notamment celles liées à : comprendre, s’observer et expérimenter de nouvelles façons de faire.

  5. Bonjour,
    Je me suis rendue compte tardivement, vers l’âge de 40 ans puis 50 ans, en faisant une introspection sur moi-même, après un bouleversement de ma vie et une dépression engendrés par des ruptures très douloureuses (amoureuses, amicales, professionnelles, décès de mon père, deuil d’une partie de ma mère, trahison et départ du père de mon fils…),
    que je fonctionnais sans m’en rendre compte, d’une manière toxique pour moi-même qui remontait sans doute à des problématiques affectives de mon enfance.
    En effet, quand j’ai découvert la double-vie du père de mon fils que j’aimais inconditionnellement, celui-ci est parti bruralement et lâchement, me laissant à charge notre fils de 4 ans.
    Tout en me battant pour l’amour de mon fils, j’ai alors commencé une lente et pénible phase de deuil : je me suis sentie plongée dans les ténèbres du jour au lendemain, dans un profond désespoir et un immense et insupportable isolement. Mes larmes ne cessaient de couler telles une source intarrissable.
    Mes recoupements de pensées, mes cogitations, mes triturations de l’esprit, les battements angoissants de mon coeur, mon insomnie, ma tristesse incommensurable, mon incompréhension, mon sentiment d’injustice profonde, mes fausses croyances de culpabilité “masochiste” inculquées par ma mère… m’arrachaient à la sérénité de l’existence.
    C’est alors que déjà très sensibilisée par nature et par passion à la psychologie humaine, j’ai lu des ouvrages sur divers thèmes : parents toxiques, dépendance affective, bipolaires, manipulateurs et pervers narcissiques…

    Votre site me parle énormément et j’aimerais partager mon expérience pour sortir de cette dépendance envahissante.
    Afin de combler ma carence affective et cette peur de la solitude qui me suit depuis ma toute petite enfance (je suis fille unique), j’ai développé une accumulation compulsive chez moi, de par mon éducation et mes affections. J’atteinds aujourd’hui un paroxisme devenu invivable.
    J’ai même perdu il y a 15 mois, la résidence alternée de mon fils pratiquée depuis 10 ans et mon lien maternel avec lui car son père bipolaire et pervers narcissique oeuvre avec malveillance dans mon dos depuis la séparation, en me faisant porter la culpabilité de cette séparation et de la souffrance de notre fils.
    Ce que j’endure est insupportable car presque tout tend vers mon isolement, mon humiliation en justice, mon rejet, mon abandon alors que j’aspire au contraire à une vie familiale et relationnelle riche…

    J’ai dû apprendre à apprécier ma vie solitaire, faire le tri de personnes toxiques que je croyais amies dans ma vie et je dois apprendre désormais à me protéger et me faire respecter.
    Je dois bien dire que mon rêve familial a été brisé au point que tout l’amour que j’ai pu donner de moi m’est revenu comme un boomerang dans la figure.
    Mon fils, sous influence de son père et de sa grand-mère paternelle a fini par couper complètement le seul petit lien par sms qui subsistait entre nous depuis avril 2017, afin de servir l’acharnement calomnieux de son père contre moi et de le rendre crédible devant la justice.
    Je suis accusée de mère maltraitante alors même que c’est son père qui a une psychopathologie dangereuse et très difficile à prouver en justice car celle-ci reste dans le déni. Les juges se succèdent et laissent faire l’individu sordide, avalant toutes ses couleuvres !

    Aujourd’hui, je n’ai plus aucune nouvelle de mon fils et j’ai le sentiment de n’avoir été mère que pour un temps.
    C’est comme si on m’avait volé mon fils et mon rôle de maman en lui lavant le cerveau.
    Son père a reconstitué une famille et je ne fais plus que subir des accusations infondées en justice comme dans un but d’anéantissement de ma personne.

    Se détacher complètement d’un homme machiavélique qui est le père de mon fils et qui a tout verrouillé pour que je ne puisse plus m’en sortir, est très compliqué.
    Ceci voudrait dire que je dois oublier mon fils en même temps.
    Comment oublier toutes ces années de maternité et de fusion ?
    Mon fils qui souffrait de cette séparation a toujours eu un amour fusionnel pour son père et pour moi-même. Ce n’est que vers 15 ans qu’il a commencé à avoir des réactions impulsives : verbales et gestuelles violentes, irrespectueuses et insolentes à mon égard, notamment quand il revenait de chez son père. Il était tout d’abord muet puis quand je voulais entrer en communication avec lui ou que je lui témoignais de l’affection, il les rejetait toutes 2.
    J’ai alors compris qu’était en train de s’instaurer un climat malsain appelé conflit de loyauté par mon avocate.
    Ce conflit était alimenté par une aliénation parentale du côté de son père dont il me fait aujourd’hui porter le chapeau.
    J’aurais bien d’autres choses à évoquer ici mais je pense avoir suffisamment décrit ma situation.

    Je vous remercie infiniment pour votre soutien, votre lecture et votre accueil bienveillants.

    Je souhaite me libérer de ces souffrances, de cette culpabilité, de la crainte du regard et du jugement d’autrui afin d’accomplir ma vie et mes rêves avec légèreté (détachement affectif nécessaire), sérénité, force et détermination.

    Très chaleureusement.
    Mireille

  6. Bonjour. Oui je suis en dépendance affective.. comment m’en sortir.. très difficile.. je le voudrais, quitter cet homme qui me ronge.. j’y arrive pas. merci

  7. Il est important de vous faire aider Coffy. Je vous suggère de consulter pour comprendre ce qui vous amène à accepter l’inacceptable. Mon livre peut vous aider, mais en support d’une consultation chez un médecin. Je vous souhaite de trouver le courage du premier pas vers un mieux, et de vous aimer suffisamment fort pour parvenir à vous respecter vous même.

  8. Bonsoir Mireille. Vous posez ici votre histoire avec beaucoup de courage et d’authenticité. J’espère de tout coeur qu’en plus de votre avocat, vous bénéficiez de l’aide d’un médecin et d’associations et groupes de parole rassemblant des personnes qui vivent des situations similaires et s’en sortent… Au moins pour l’échange, pouvoir en parler, prendre conscience, et se ressourcer un peu. Personne n’a le pouvoir de vous enlever votre état de maman, ni même votre fils et encore moins son père. Vous êtes maman depuis le premier jour où vous avez porté votre enfant et l’avez mis au monde. Etre maman c’est aussi accepter que l’enfant à qui l’on a donné la vie, ait son libre arbitre… Pour le moment il choisit cette situation, et plus tard il pourra en choisir une autre, celle de revenir à vous, peut-être pas pour partager le quotidien, mais pour poser des pensées, des questions… Tout est possible. Pour le moment, il est important de rassembler toute votre énergie pour vous. Vous avez déjà bien avancé et oui, le chemin est encore long. Retrouvez la femme que vous êtes, celle-là même qui existait avant d’être “la femme de” ou “la maman de”… Remettez-vous en connexion avec ce qui est important pour vous, voyez votre valeur, retrouver vos rêves, reconstruisez des buts de vie, au delà de votre cercle familial. Avancez vers un but constructif… et laissez la vie oeuvrer. Tout ne dépend pas de vous, et tout ne peut pas être sous contrôle… Profitez de la solitude qui vous est imposée, pour vous recentrer sur vous et faire le deuil de l’idéal de vie de famille dont vous rêviez. Acceptez, transformez, reconstruisez. Vous le méritez. Tout est possible. Je vous souhaite le meilleur.

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